Enterrement de première classe

25 janvier 2018

Actions des elus

cartonrougeLe programme électoral d’Emmanuel Macron contenait explicitement la volonté de remettre à plat la réforme des rythmes scolaires et de permettre la « liberté de choix »  aux acteurs locaux, de revenir ou non sur la réforme initiée par le précédent gouvernement.

Dès la parution du décret instituant cette « douce liberté », de nombreux maires décidèrent soit unilatéralement, soit sur la pression amicale des parents et/ou des enseignants de revenir immédiatement sur les préparatifs de la rentrée 2017 ou d’initier pendant l’année scolaire à venir une consultation prenant l’avis des parents.

C’est ainsi, dans le premier cas, une mesure totalement assumée permettant de revenir quasi immédiatement, sur une mesure contestée, notamment sur ses difficultés de mise en place, ses moyens et intérêts, d’éternels débats sur le meilleur rythme d’apprentissage  et évidemment, pour les communes, de problématiques financières.

Dans le second cas, c’est une mesure d’apaisement, faite aux acteurs locaux et, aux premiers concernés les parents d’élèves réclamant le retour de la semaine de 4 jours puisque les enfants sont « irrémédiablement fatigués ». Ils le sont beaucoup moins, le soir, même à des heures tardives, regardant leurs délicieux écrans.

On vit ainsi, mais on le voit encore, des collectifs de parents se former pour réclamer leur dû, quitte à enclencher des boycotts de l’école le samedi ou le mercredi matin.

Curieuse méthode et curieuse stratégie consistant à scier la branche sur laquelle ces parents et nous-mêmes, sommes collectivement assis !

De nombreuses communes ont ainsi déjà consulté ou s’apprêtent à le faire, laissant la « démocratie parentale » s’exprimer. Soyons clair : poser la question du retour à la semaine de 4 jours, c’est évidemment obtenir la réponse attendue et enterrer la réforme pour l’éternité.

Nous voyons mal en effet qui osera demain reposer la question des rythmes éducatifs à l’école alors que plus de 90 % des communes à la rentrée 2018-19 sera passé en statut dérogatoire, petite merveille de fonctionnement à l’envers de notre système scolaire.

Evidemment, nous attendons déjà le prochain décret qui remédiera à tout cela, prenant acte du « libre choix fait par les communes », et qui instituera la semaine honnie des quatre jours, en passe de faire le consensus aujourd’hui. C’est évidemment le rythme des parents et des enseignants qui aura été privilégié sans tenir compte des réels besoins des enfants.

Dormir une matinée de plus dans la semaine a rarement fait un projet éducatif ambitieux.

Cerise sur le gâteau, le Ministre de l’éducation nationale a confirmé, pour toute la durée du mandat, le financement des politiques municipales visant, pour celles qui le souhaiteront, le maintien de la semaine des 4.5 jours et des activités péri éducatives. Cela ne coûtera pas bien cher et contentera tout le monde. Du grand art !

Ce sera le cas en 2018-19 et dans les années suivantes, de communes, de villes ou de territoires engagés dans de solides politiques éducatives locales, travaillant au cœur de la réforme, liant les questions de rythmes et d’éducation, d’emploi du temps pour être trivial et de contenus, c’est-à-dire d’apprentissage.

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